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:: dimanche, le 23 décembre 2007

Korn ar harz (29) - Landes et toubière

Plan de l’article


Localisation du site


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A l’extrémité orientale de la ligne de crêtes des Monts d’Arrée, la lande tourbeuse de Corn ar Harz est située sur la commune de Bolazec à environ 2,5 km au Nord-Ouest du bourg, en bordure de la route départementale 9, entre Lannéanou et Callac.

Elle appartient à un ensemble continu de landes et de tourbières situé à la limite des départements du Finistère et des Côtes d’Armor, sur les communes de Bolazec, Botshorel et Plougras. Cet ensemble, inventorié en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF) de type I « Corn ar Harz / Pen ar Forest - Creac’h Pluen sud », est situé à l’intersection de plusieurs territoires administratifs.

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Historique

Détail sur le site et petit historique

En 1998, une petite annonce dans un journal local éveillait l’attention du président de la FCBE : « Bolazec - limite dépt. 29/22, 28 ha friche, seul tenant, bord rivière départementale 9, chasse, plantation. particulier ».

Aucun doute n’était possible : il s’agissait d’une grande partie de la tourbière de Corn ar Harz/ Pen Forest considérée d’intérêt régional suite à l’inventaire des tourbières du Finistère commandé en 1994 par le Conseil Général. Son importance vis-à-vis de la qualité de l’eau du haut bassin de l’Aulne avait été également soulignée dès 1996. En effet, la Communauté de Communes des Monts d’Arrée avait fait réaliser par l’association « Eau et Rivières de Bretagne », une étude diagnostic sur la qualité des ressources en eau de son territoire. Cette étude concluait notamment à la nécessité de protéger efficacement les zones humides dont la tourbière de Corn ar harz.

La Communauté des Communes des Monts d’Arrée, fut donc avertie de l’opportunité d’acquérir cet espace. Possédant la compétence « Environnement », elle s’engagea très rapidement dans la procédure d’acquisition et, avec l’aide financière du Département et de l’Europe (programme Morgane), elle devint la première communauté de communes propriétaire d’une tourbière en Bretagne.

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Place du site au sein d’espaces naturels

Les landes tourbeuses de Corn ar Harz appartiennent au complexe de landes et de tourbières du secteur oriental des Monts d’Arrée.

Cette unité écologique et fonctionnelle comporte en premier lieu les sites voisins de Menez Blevara, Roc’h Gouino et Guernelohet. C’est à cette échelle qu’un maximum d’échanges peuvent avoir lieu. Plus éloignés, les sites du Vergam à l’ouest et de Kernon au sud-est peuvent être reliés grâce à la concentration de corridors naturels tels les vallons humides.

En effet, le secteur oriental des Monts d’Arrée occupe une place stratégique vis-à-vis de plusieurs bassins versants. Ses zones humides alimentent les sources du Douron, du Guic (affluent du Léguer), de l’Aulne et de certains de ses affluents, le Rudalveget et le Beurc’hoat.

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Données naturelles

Les landes tourbeuses de Corn ar Harz / Pen Forest sont installées au sein d’une grande alvéole située aux sources temporaires du ruisseau du Rudalveget, affluent supérieur de l’Aulne. Le périmètre d’étude se cantonne à une partie du versant exposé au nord, la pente y est faible. Le sous-sol est constitué d’un complexe argilo-sableux à cailloutis quartzeux très peu épais recouvrant une formation de quartzites et phyllades du Gedinnien, très altérable et affleurant assez mal. Les niveaux superficiels tourbeux sont globalement de faible épaisseur.

Le site est dominé par les landes méso-hygrophiles à Ajoncs et Bruyères d’âges divers, mais la microtopographie permet le développement de groupements végétaux tourbeux dans plusieurs cuvettes. A proximité du ruisseau, les parcelles sont occupées par des prairies humides où des secteurs de bas-marais existent.

En raison de son statut interdépartemental, l’ensemble de la zone naturelle n’a été délimitée entièrement qu’en 1994 lors de l’inventaire des tourbières du Finistère effectué par J. DURFORT à la demande du Conseil Général du Finistère. La tourbière de Corn ar harz - Maison Blanche, site interdépartemental, est jugée de valeur régionale, son intérêt biologique est important (cotation biologique : 2). « Sa valeur biologique est élevée. Elle très intéressante et représentative des sites tourbeux de grande qualité que porte la région Bretagne. L’ensemble des tourbières de cette catégorie doit être connu de tous les acteurs de l’aménagement du territoire qui devraient œuvrer à leur préservation, objectif majeur dans tous les cas »

Précédemment, seule la partie costarmoricaine avait été cernée lors des inventaires :

    • Inventaire des tourbières de Bretagne - TOUFFET (Université de Rennes, DRAF - 1985) La tourbière de la Maison Blanche en Côtes du Nord (site n°22-4) est jugée d’intérêt moyen (3ème catégorie), elle ne semble pas comprendre la partie finistérienne de Corn ar Harz.
    • Inventaire des espaces de l’Intérieur - PHILLIPON (Conseil Général des Côtes du Nord - 1987) La tourbière de la Maison Blanche ( n° 083) se limite également aux Côtes d’Armor.

Il faut noter que la hiérarchisation de ces inventaires s’est effectuée en fonction de critères tels que la position géographique, la superficie, la situation environnante du site, la diversité et la rareté des espèces et des groupements végétaux, sur la base de la bibliographie et de quelques prospections sur le terrain. Le suivi fréquent du site permettra d’acquérir de nouvelles données naturalistes, notamment sur les espèces animales, et pourrait révéler des éléments patrimoniaux de grande valeur.

De nouveaux inventaires, sur lesquels s’appuient différentes politiques de gestion et de protection des espaces naturels de grande valeur, ont déjà pris en compte la tourbière de Corn ar Harz :

    • Espaces remarquables du Parc Naturel Régional d’Armorique Avec la nouvelle charte du PNRA agréée en 1997, un plan de Parc, expression cartographique des enjeux environnementaux, a été élaboré. Il constitue un outil d’aide à la décision et une référence dans le domaine de l’aménagement et de la mise en valeur du territoire. La tourbière de Corn ar Harz est compris dans la zone des « espaces naturels remarquables » (zone jaune).
    • Inventaire des zones humides du SDAGE Loire Bretagne - 1995 (zone n°29-11 pp)
    • Inventaire Bretagne de la directive « Habitats » En tant qu’espace naturel remarquable, la zone Monts d’Arrée Centre et Est (n°29001) à laquelle appartient la tourbière de Corn ar Harz, est retenue et proposée pour être une Zone Spéciale de Conservation (ZSC) du futur réseau « Natura 2000 ».

La tourbière de Corn ar Harz est connu de nombreux naturalistes. Des études y font référence et en souligne la valeur :

    • Le Courlis cendré en Bretagne, démographie et gestion - B. BARGAIN - CREN Bretagne - 1995
    • Répartition et gestion de plantes rares et menacées, fichier communal de Bolazec- Conservatoire Botanique National de Brest - 1994 Dans cette étude, le site de Corn ar Harz a été reconnu comme le site naturel majeur de la commune de Bolazec, à l’intérêt botanique important ; des mesures de protection et de gestion étaient préconisées (cf annexes)

D’autres études ont fourni des données intéressantes sur des secteurs contigus au site (cf bibliographie)

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Enjeux

La tourbière de Corn ar Harz est désormais l’une des rares tourbières protégées en Bretagne.

La Bretagne est l’une des régions de France conservant un nombre relativement important de milieux tourbeux dont les plus importants sont dans les Monts d’Arrée.

(JPG)

Cependant, en face des nombreuses menaces de destruction sur ces milieux remarquables, le nombre et la superficie de tourbières protégées en Bretagne parait encore trop restreint, car seuls 7 sites possèdent en 1999 des réglementations fortes (réserve naturelle et arrêté préfectoral de protection de biotope).

Il faut toutefois y ajouter environ 30 autres sites où une partie du foncier est propriété de Conseils Généraux, de Fondations ou d’Associations dans un but affirmé de protection des habitats, de la faune et de la flore. Sur plusieurs sites, en grande partie propriétés des collectivités locales, des conventions de gestion ont été signées, ou le seront dans un avenir proche, avec des associations gestionnaires poursuivant ce même but. Bien qu’un peu moins élevé, c’est un niveau de protection très appréciable pour ces sites du fait de l’engagement de ces collectivités dans ce type d’action. Les locations ou simples conventions entre associations et particuliers même si elles permettent également d’accéder à une gestion des sites ne représentent pas une protection élevée car elles peuvent être remises en question aisément.

Il s’agit des premiers éléments d’un « réseau » d’espaces protégés pour les zones tourbeuses de Bretagne qui permettra d’échanger les savoirs, cordonner les actions de conservation afin de sauvegarder l’important patrimoine naturel des tourbières.

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Intérêt patrimonial

Ce sont 20 espèces (11 végétaux et 9 animaux) remarquables - car rares et/ou menacées- qui ont été répertoriées sur le site de Corn ar Harz. Les inventaires restant à compléter ou à initier, notamment concernant les insectes et autres invertébrés, de nouvelles espèces remarquables pourront être découvertes.

    • La Sphaigne de la Pylaie et le Courlis cendré sont les deux espèces de plus forte valeur patrimoniale sur le site.

la Sphaigne de la Pylaie (Sphagnum pylaisii) est protégée au niveau communautaire en raison de sa répartition particulière en Europe : elle n’existe qu’en Galice et Asturie (Espagne) et en Basse Bretagne (France). La station de Corn ar Harz, appartenant au noyau de population principal des Monts d’Arrée, se situe en limite d’aire. Sur le site elle est présente en plusieurs points sur des surfaces relativement importantes.

le Courlis cendré (Numenius arquata) est une espèce en régression constante en Bretagne. Les Monts d’Arrée constitue le dernier grand bastion de ce grand limicole qui ne compte plus que 100 couples nicheurs au maximum. Un couple niche sur le site de Corn ar Harz. tandis qu’une dizaine d’autres sont répartis dans le secteur.

Les deux Rossolis (Drosera intermedia et Drosera rotundifolia) espèces protégées au niveau national, sont présentes en fort effectif sur le site.

      • La présence de trois autres espèces remarquables, considérées comme rares dans le Massif Armoricain, doit être soulignée :
      • le Rhynchospore blanc( Rhynchospora alba) et le Jonc squarreux (Juncus squarrosus), ces deux plantes ont toutefois des effectifs faibles sur le site ( quelques pieds en un seul point pour le premier, quelques pieds en deux points pour le second)
      • les deux busards gris, Busard St Martin (Circus cyaneus) et Busard cendré (Circus pygargus), protégés au niveau européen, fréquentent le site.
    • Enfin il est intéressant de noter la présence de :
      • la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe) dont l’effectif est faible en raison de la hauteur générale de végétation ; Cette gentiane est l’espèce hôte de l’Azuré des Mouillères (Maculinea alcon alcon) papillon protégé au niveau européen qui n’a pas été trouvé sur le site mais dont une population importante est présente sur le site voisin de Guernelohet.
      • le Scirpe cespiteux (Scirpus cespitosus), dense dans les secteurs de landes tourbeuses rases, créant un faciès de végétation remarquable.
      • la Loutre d’Europe (Lutra lutra) dont une population est sédentaire (présence permanente et reproduction très probable) sur le bassin versant de l’Aulne supérieur.

Par ailleurs, certaines de ces espèces rares et d’autres, plus classiques et présentes sur le site, ont des caractères très intéressants vis à vis de leur biologie, de leur écologie ou de leur utilisation.

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La cartographie des habitats

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La seule référence en vigueur actuellement est la directive européenne portant sur la conservation des habitats naturels et des habitats d’espèces, dite « directive Habitats ». Elle recense en annexe I « les types d’habitats naturels d’intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation » parmi lesquels certains sont qualifiés de prioritaires. Elle s’appuie sur le manuel CORINE qui recense tous les biotopes existants dans l’Union Européennes auxquels un code est affecté.

On distingue sur le site :

    • les landes humides atlantiques méridionales à Erica ciliaris, Erica tetralix et Sphagnum spp : (code CORINE 31.12) considérées comme prioritaires. Elles correspondent aux groupements végétaux « landes moyennes humides à tourbeuses à Callune » et « landes humides ou tourbeuses, basses, à Sphaignes » décrits et cartographiés précédemment. Elles occupent une part importante du site.
    • les landes de la bordure atlantique à Ulex galii et Erica spp (code CORINE 31.23) Elles correspondent au groupement végétal « Landes mésophiles et humides à Ajoncs et Bruyères ». Elles occupent aussi une part importante du site
    • les tourbières soligènes et topogènes actives (code CORINE 51.1) considérées comme prioritaires Il s’agit des secteurs de tourbière de pente où les sphaignes sont bien représentées, Narthecium ossifragum ou Eriophorum angustifolium marquent aussi ce type d’habitat.
    • les dépressions sur substrat tourbeux (Rhynchosporion) (code CORINE 54.6) Il s’agit de la végétation pionnière des cuvettes humides pouvant parfois s’exonder durant la saison estivale, au sein des tourbières et landes tourbeuses. Elles sont de faible étendue mais leur intérêt patrimonial est élevé car accueillent la plupart des espèces remarquables des tourbières.
    • les eaux très peu minéralisés à végétation amphibie pérenne (codes CORINE : 22.11 X 22.313 Hydroctylo-Baldellion) Il s’agit des mares et des portions du ruisseau temporaire occupées par une végétation herbacée amphibie.

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Prospection minière

Dans la cadre de la prospection minière effectuée par le B.R.G.M, deux puits et plusieurs forages ont été creusés sur le site de Corn ar harz. Le premier puit a été rapidement abandonné suite à des écroulements. Le second est profond d’environ 40 m, il est ennoyé ; deux galeries ont été aménagées, la principale parcourt environ 60 m en direction de la rivière, la seconde lui est perpendiculaire vers l’ouest. Les deux puits sont aujourd’hui fermés par des plaques de béton. Le volume des matériaux d’extraction entreposés peut être estimé à 6000 m3. Ils contiennent des minéraux sulfurés et des éléments métalliques : les principaux minéraux sont la pyrite, la blende, la galène, la chalcopyrite. La gangue est formé de chlorite, muscovite et quartz., les métaux présents sont le cuivre, le plomb, le zinc et l’argent. Les matériaux ont été entreposés à la périphérie du puit au fur et à mesure de l’extraction : la pyrite métallique extraite est située au front du remblais.

Outre la présence du terril, l’atteinte la plus spectaculaire est la zone dénudée située en aval, d’une longueur d’environ 300 m et d’une largeur variable de 5 à 20 m. Par endroits les horizons organiques ont disparus ; seules des Linaigrettes (Eriophorum angustifolium) et une mousse subsistent sur les franges ou des replats. Des mesures révèlent une eau très acide en aval du terril - pH égal à 3 à 100 mètres - tandis qu’en amont, le pH est de 6.

Des contacts avec le B.R.G.M. nous ont permis de connaître les résultats des suivis de qualité d’eau qu’ils effectuent sur le Rudalveget, à la demande de l’administration des mines. De 1989 à 1997 les teneurs en zinc et en sulfates ont été analysées, à 1200 m en aval du point de contact supposé des eaux de lessivage et du ruisseau. En outre, depuis juin 1999, le B.R.G.M. réalise des analyses ICP (32 éléments), les résultats de 18 principaux éléments métalliques nous ont été communiqués. Les premiers résultats, durant la période d’analyse, se révèlent très stables et montrent des teneurs faibles tant en zinc qu’en sulfates. Les seconds résultats révèlent aussi des teneurs faibles en dessous des normes existantes.

Les travaux miniers - forage des puits et des galeries, stockage à la surface - ont mis en contact les matériaux géologiques, notamment la pyrite, à l’air libre et à l’eau. Les phénomènes d’oxydation qui en résultent sont à l’origine de l’acidification des écoulements d’eau et de la libération d’éléments métalliques. Etant donnée l’ancienneté des travaux, il est vraisemblable que ces phénomènes se sont atténués. Cependant, l’acidité des eaux demeure une perturbation grave et exige la mise en œuvre d’une procédure de neutralisation. Au préalable, il est indispensable de comprendre les circulations de l’eau, vecteur de la pollution pour proposer une méthode adéquate. Les deux types d’aménagement sont affectés différemment par les circulations d’eau. Il est difficile d’évaluer le rôle respectif des eaux de ruissellement, des eaux d’infiltration superficielle, des eaux de la nappe dans les phénomènes de pollution.

Article du Penn ar bed

PDF - 2.1 Mo
Article du Penn ar bed n°132 (SEPNB)

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Actualité

      • Un puit de recherches minières

Un ancien puit de recherches minières existe sur le site. Il a été comblé en 2007. Les eaux de ruissellement du terril ont totalement grillé (pH : 3 ou 4) la végétation de landes tourbeuses, il ne reste plus que des Linaigrettes qui arrivent à se développer et celà a créé un milieu ras apprécié par les Cicindelles.

      • La photo aérienne du site en 2007 (ici)
      • Animation sur la tourbière

JPG - 508 ko
Article 0F du 01/07/02
Animation à Bolazec

      • Les photos du chantier de réhabilitation au niveau du puit

clichés Marie-Claire Regnier (PNRA)

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